LADERNIEREPLUIE

COMPAGNIE DE THEATRE x CREATION x SPECTACLE VIVANT

Antigone - Le sang des Labdacides
D'après Sophocle

Alexandre Lucchino - Mise en scène et scénographie
Séverine Eymard - Création lumière
Le petit peuple des ondes - Son
Loic Lami - Technicien vidéo et image
Cécile Quaranta - Chargée de production
Artistes assitance - Administration
Yoann Goujon - Acteur
Cécile Quaranta - Actrice
Marianne Fontaine - Actrice


En partenariat avec La Distillerie lieu de création théàtrale et le théàtre Comoedia
Lauréat de la bourse d'aide à la création de la ville d’Aubagne

Tragédie classique – théàtre contemporain / Hors les murs

Le tragique n’est rien d’autre que la prise de conscience de la nécessité André Bonnard in trois chefs d’oeuvre de la tragédie grecque-1961 Cette résonance est encore nécessaire à notre société qui a su classifier si aisément la tragédie classique comme un patrimoine culturel commun, la rendant stérile et la plaçant à l’écart du geste artistique, d’une parole troublante et inquiétante.

Cette tragédie n’a aucunement besoin d’être dépoussiéré ni modernisé pour chuchoter avec force à nos oreilles une certaine image de notre humanité, de notre monde, de nos errances et nos aliénations à des valeurs fallacieuses.

Le théàtre que nous désirons se doit de questionner, dissèquer nos comportements dans l’impossible compromis entre être primitif et être sociable.
Entre conscience de la mort et désir de vivre.
Notre parole porte des traces organiques de mythes. Ils survivent dans la mémoire collective.
L’homme est–il maître de son destin, l’homme en est–il responsable ?
L’ironie tragique nous offre une véritable vision de l’homme et de son monde.
Entre impuissance, in~éluctabilité, renoncement et certitudes, des êtres qui hurlent se déchirent, des corps en tension.

Souffle, errance des êtres au bord de la rupture, tension palpable, urgence.
Le rythme qui monte sans cesse en pression comme une machine à broyer de l’humain, prêt à imploser.

Antigone est une pièce sur l’impatience, l’immense impatience de deux personnages qui veulent agir tout de suite et sans attendre. Georges Steiner in Les Antigones.


Note de mise en scène :

De nombreuses questions se pose à la lecture de cette oeuvre complexe et cet affrontement. Qui est réellement la victime de cette tragédie ? Antigone ou Créon ? Qui est dans un processus de sacrifice ? Quel combat est le plus juste ? Peut-on choisir entre un combat pour l’intérêt général et un combat humain ? Créon est–il uniquement un tyran et Antigone une figure de la rébellion ? Peut–on blâmer Créon de vouloir en finir avec la lignée maudite des Labdacides qui a ravagé Thèbes ? Les données nous semblent plus complexes que ce qu’elle semble au premier abord.

La mise en scène se doit d’ètre violente autant dans l’engrenage du rythme que dans la mutilation suggérée des corps, la souffrance contenue, la colère rentrée et la violence des images qu’elle nous renvoie. Cette violence ne doit à aucun moment ètre sophistiqué mais toujours à l’échelle de l’intime, du quotidien, du possible, de l’humain.

Elle agit et dévore les êtres de l’intérieur.
Elle doit pouvoir agir par “sympathie” du corps de l’acteur au corps du spectateur dans son fauteuil. Le parti pris est de mettre en exergue la lutte intérieure le déchirement et la contradiction des rapports humains.
Le corps, pour exprimer la souffrance qui dévore de l’intérieur, qui ronge le ventre Un cri muet mais intense, plein d'une humanité en déliquescence. Des actions banales fortes de sens, sans exposer la souffrance réelle des corps. Le “corps prison” pour traduire l’étouffement intérieur ou l'automutilation traduit l’impossibilité d’agir, l’impuissance face au joug de l’obligation et du devoir. Il expose également des êtres au bord de la rupture, de la folie. La déliquescence du corps d’Antigone.
La contradiction dans le compromis impossible entre son être intime primitif, ses pulsions, ses désirs et son rapport au monde à l’autre et aux règles, loi ou contrainte extérieure. Comment aborder ce déchirement entre sa nécessité d’exister, d’être en accord avec soi, et la soumission à ce qui nous est extérieur et imposée par l’autre ? Comment négocier cette dualité de l’être qui est propre à tout individu sociabilisé ?
A quoi mène le dépassement de notre condition ?
L’objectif est donc de mettre en avant la condition de l’être humain dans toute sa complexité et sa confrontation à la mort, au deuil, son rapport au pouvoir.

Nous avons voulu questionner le rapport de l’homme à ce qui lui échappe.

Un solo accompagné de deux présences errantes.
Un travail sur l’isolement. Deux figures qui se font traverser par une tragédie. Deux figures qui n'en forment qu'une. Un être à deux têtes qui se dévore lui–même. Agir. Subir. S’isoler.


Un espace, un champ

Dans le désir de décloisonner cette tragédie nous avons décidé de la représenter en extérieur, dans un champs avec une profondeur importante. Le geste que nous cherchons nécessite beaucoup d’espace et d’air.
Nous jouerons également sur le crépuscule, le moment ou le jour dispara‹t.
Visuellement cet espace permet de mettre en valeur la présence des acteurs. Il permet de transformer le réel en étrange en jouant sur la différence entre la couleur unique et naturel (le vert) et les touches vive que nous superposons (rouge, blanc...)
L’idée de drainer un nouveau public dans un nouvel espace théàtral nous semble également intéressant.
Toute une dynamique dans la sensibilisation, l’accompagnement et l’accueil du public est en réflexion. Cette piste est aussi en adéquation avec le désir de mettre en balance la tragédie classique et un geste artistique plus actuel.
Créer de l’étrangeté. Poser de l’artifice sur du naturel, mettre en exergue la présence des êtres poser là.


Dossier "Antigone" (pdf)
Portfolio